#6 – L’inspiration de la semaine

Le dimanche est une journée cocooning et chez Madame Innov, on aime l’art sous toutes ses formes ! En ce dimanche matin ensoleillé, nous partons à la découverte d’une musicienne surprenante.

Antonia, tocaora de talent !

Cheveux courts, pantalon noir, chemise ample, de grands yeux bleus et une guitare dans les bras. Antonia Jiménez est une virtuose de la guitare flamenca !

Parmi les guitaristes de flamenco les plus connus, on pense par exemple à Paco de Lucia, Tomatito, Vicente Amigo… A 45 ans aujourd’hui, Antonia est devenue l’une des [rares] compositrices et guitaristes femmes les plus connues de la planète. Dès son plus jeune âge, à Cadiz sa ville natale, elle est attirée par la guitare et commence à l’apprendre toute seule. Elle voyage partout dans le monde où elle fait la rencontre de nombreux musiciens. Elle fait un voyage au Japon qui la marque énormément, elle se produit beaucoup sur scène et y trouve le Duende… un moment de « transcendance » avec le flamenco. Ce mot est assez difficile à traduire. Il s’agit d’une sorte d’envoûtement , de transe, de dimension supérieure de la relation de l’artiste avec la musique, presque magique…

La place de la femme dans le flamenco

Les femmes sont très peu nombreuses en Espagne à apprendre ce style de musique et à l’enseigner. L’Andalousie, berceau du Flamenco, compte environ quatre-vingt professeurs de guitare flamenca… seulement six sont des femmes.

Historiquement, la guitare était réservée aux hommes dans le flamenco, et les femmes à la danse (bailaora) ou au chant (cantaora). Les femmes pouvaient apprendre la guitare, mais pour en jouer chez elles, avec leurs proches, non pas pour faire carrière et se produire à l’extérieur… C’est au début du XXe siècle qu’une femme a commencé à ouvrir la voie : Adela Cubas. Autodidacte, elle devient musicienne professionnelle et se produit dans des spectacles. Selon les critiques de l’époque, chaque spectacle était ponctué d’une ovation de l’ensemble du public (hommes et femmes confondus). Mais malgré son talent, elle ne parvient pas à faire connaître son talent en dehors des frontières espagnoles (les producteurs ne la trouvaient pas assez jolie !!).

Les temps changent et quelques artistes comme Antonia commencent à percer, comme Caroline Planté, jeune montréalaise partie en Espagne s’immerger dans l’univers du flamenco.

Pour en savoir plus…

Découvrez le témoignage d’Antonia Jiménez qui livre son histoire, ses difficultés en tant que femme pour se faire connaître, son voyage au Japon, et la rencontre avec son maestro Enrique Vargas  👉 https://youtu.be/jOCUUyb0b1A

Pour écouter un extrait de concert d’Antonia (2017) 👉 https://youtu.be/SEQHjcb0X50

Un article est consacré à Antonia ce mois-ci dans le Courrier International (hors-série), foncez en librairie, le thème : « Femmes, un combat mondial ».

Enfin, un extrait de Caroline Planté en concert (2016), tout en douceur…. 👉 https://youtu.be/B_kf0uSkrVc

 

Nous vous souhaitons un très bon dimanche musical et créatif  💃 A la semaine prochaine pour une nouvelle inspiration du Week-End.

Illustration de Dominique Dève, « Dancers », 2018

 

 

 

 


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